Des diplômés au service de la nation

 On peut se vanter d’avoir fréquenté une bonne  école , se vanter qu’on a eu la meilleure formation universitaire .Mais cette interrogation demeure :

Est ce que la nation profite de ton savoir ? 

Dans mon dernier texte sur l’ignorance , je l’avais bien mentionné : l’ignorance est une arme , une arme à destruction massive qui peut entraver l’avenir de plusieurs générations . En ce qui concerne le cas de l’ancienne perle des Antilles   , elle est accompagnée par bien des choses . Si  nous nous plongeons au plus profond du tréfonds des difficultés auxquelles le pays se mesure , nous allons vite repérer l’esclavage comme la genèse  de notre premier malheur . Après les époques noires qu’a connu le pays , on sent les séquelles de l’esclavage : Transmission  intergénérationnelle des traumatismes , le désir perpétuel de combattre , le deuil . 


Ces séquelles ne sont pas de simples souvenirs d’un passé lointain . Elles vivent dans chaque haïtien , dans notre réflexe , dans cette méfiance aussi de voir l’autre comme un rival non un allié . Ce grand peuple qui a dû se battre pour un nouvel  ordre mondial , hérité d’une force admirable mais aussi d’une fatigue intense . Nous avons appris à résister mais pas à bâtir ensemble.

L’interrogation prend son sens : que vaut un diplôme si celui qui le détient est un ennemi pour sa propre nation ? Si celui qui le détient tourne le dos à sa patrie . 

Chaque année on assiste à une fuite de l’intelligentsia . Haïti est en quête d’une chose qu’il a formée ,Haïti est en quête d’hommes.

Pendant ce temps, l'arme que je parlais ( l’ignorance)  continue de faire ravage en silence . 

On dit souvent que le savoir possède un sens que s’il est partagé et utile . Un diplôme,une licence n’est pas un trophée à exhiber, c’est de préférence une dette contractée envers la société . Chaque livre ouvert, chaque année d’études , chaque connaissance acquise devrait nous rappeler que , quelqu’un, quelque part attend que nous mettons notre savoir à son service . Il faut avouer que l’intellectuel qui se contente simplement de parler cette langue dans laquelle j’écris , qui se contente de briller devant son miroir ressemble à une lampe allumée dans une pièce vide .

Briser les chaînes que les oppresseurs nous ont mises n’est pas chose facile. Elle passera par l'Éducation , je ne dis pas par  l’école mais par l'Éducation qui guérira les traumatismes . Nous devons nous réconcilier . 


Cette problématique continue de se poser :

Que fais-tu de ton savoir ? Si cela ne se limite qu’à ton propre confort , la nation reste orpheline . Mais si ton savoir devient lanterne , alors l’ancienne perle des antilles fera surface , elle retrouvera son éclat , non plus celui d’une richesse pillée , d’une nation maltraitée mais celui d’un peuple éduqué, instruit, un peuple debout et solidaire.

 

Darley PROVIDENCE 


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