Ce n'est pas par essence

 Si pour les féministes on ne nait pas femme mais on le devient, il semble que cet aphorisme  n'est pas forcément vrai pour l'homme. A leurs yeux nous naissons homme,  ou du moins nous venons au monde  en étant condescendant par rapport aux femmes. Et pour elles c'est l'éducation féministe qui doit remédier à cette aberration de la nature. Combattre en instaurant elle même des préjugés, telle est la stratégie du féminisme. Les féministes ne veulent pas qu'on leur dise comment être femme, cependant elles souhaitent imposer une manière d'être homme.Les féministes, tout en cherchant à déconstruire les rôles traditionnels et les stéréotypes associés à la féminité, semblent parfois perpétuer, paradoxalement, des schémas similaires pour ce qui est de la masculinité. En effet, elles aspirent à un monde où l'homme pourrait également se libérer des carcans sociétaux qui le réduisent à des normes étroites, tout en imposant parfois une vision idéologique très précise de ce qu’un homme "émancipé" doit être.

Cela conduit à une étrange dynamique : d’un côté, elles réclament une totale liberté d’être et d’agir en tant que femme, libre des jugements extérieurs et des attentes sociales ; de l'autre, elles proposent une définition normée de ce que signifie être un "homme progressiste" ou "évolué". Le paradoxe réside dans le fait que cette exigence d’une rééducation masculine à travers la féminisation des rapports de genre s’apparente à un nouveau dogme, à une nouvelle forme de conditionnement, bien que l’intention initiale soit de briser les chaînes des traditions.En se basant sur cette logique, on peut se demander si le féminisme, dans sa quête d'égalité, ne tombe pas dans le piège de l’oppression inversée. La volonté de rééduquer, de redéfinir l’homme selon des critères qu’elles jugent plus égalitaires, mais qui ne correspondent pas nécessairement à la réalité des vécus masculins, peut paradoxalement générer de nouveaux types de souffrance et de frustration. L’homme n’est plus alors libre de définir sa propre masculinité, mais doit se soumettre à un cadre d’émancipation qui n’a pas toujours de lien avec ses propres réalités.Il est également essentiel de souligner qu’aucune forme d’égalité ne pourra être atteinte si les deux sexes, au lieu de se renforcer mutuellement dans leurs libertés respectives, s’engagent dans une lutte de domination ou dans un processus deredéfinition imposée des rôles. Il est probable qu’une véritable émancipation pour tous passe non par l'invention d’une masculinité standardisée ou par la négation des réalités féminines, mais plutôt par un respect et une acceptation de la diversité des vécus, au-delà des frontières imposées par la société. C’est en cherchant à vivre ensemble, sans chercher à inverser les rôles, mais à les comprendre et à les redéfinir dans un cadre de réciprocité, que la vraie liberté pourrait voir le jour.

La lutte féministe pour l’égalité des sexes doit veiller à ne pas tomber dans le piège d’une nouvelle forme de domination. Les féministes, en redéfinissant les rôles de genre, ne doivent pas imposer des stéréotypes ou des idéaux nouveaux qui risqueraient d’étouffer les véritables aspirations de l’individu. L’émancipation, qu’elle soit masculine ou féminine, ne se réalisera pas par la création de normes universelles de ce qu’il faut être, mais par la possibilité donnée à chacun de se réinventer en dehors des carcans traditionnels. Ce n’est qu’en respectant la diversité des expériences et des vécus, en acceptant que l’autre, qu’il soit homme ou femme, puisse exister dans sa singularité, que l’égalité pourra réellement se construire. La réciprocité, l’écoute et l’ouverture à l’autre sont ainsi les clés pour dépasser les antagonismes et aboutir à une société plus libre et plus égalitaire.



Darley Providence 

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